Symbolismes © Caz

Symbolismes © Caz


_________________Angela Carter, The company of wolves


« ____What big arms you have. All the better to hug you with. Every wolf in the world now howled a prothalamion outside the window as she freely gave him the kiss she owed him. What big teeth you have! She saw how his jaw began to slaver and the room was full of the clamour of the forest's Liebestod, but the wise child never flinched, even when he answered: All the better to eat you with. The girl burst out laughing; she knew she was nobody's meat. She laughed at him full in the face, ripped off his shirt for him and flung it into the fire, in the fiery wake of her own discarded clothing. The flames danced like dead souls on Walpurgisnacht and the old bones under the bed set up a terrible clattering, but she did not pay them any heed. Carnivore incarnate, only immaculate flesh appeases him. ____»



J'ai scanné de vieilles photos il n'y a pas très longtemps, et celle-ci en fait partie. Rectification : celle-ci, tronquée de quinze ans d'âge, est le plus merveilleusement symbolique des portraits. Moi, cinq ans à peine, au crépuscule (d'où la teinte rose du ciel), propulsée par les bras de mon papounet, voltigeant au dessus de la piscine d'un camping de l'Aveyron, celui où j'ai récolté mes premières cicatrices (réelles) et mes premières amours (enfantines). Mes brassards me donnent l'air d'avoir des ailes. J'attendais de me sentir comme un volatile pour pouvoir la poster. Avant, ces attributs d'ange en plastique était de secours ; maintenant, ils font partie de moi. The time has eventually come.


J'ai toujours préferé les mots, les images ou les sonorités lorsqu'il s'agit d'exprimer un sentiment, une émotion particulière. Simplement parce que je crois que je ne saurais pas exprimer ce que je ressent autrement. Sauf de dire peut-être : être, exister, se réaliser. (La joie de) Vivre. je relisais des contes et cet extrait m'a frappé tant il est parfait. Nul besoin de décoder, chaque mot exprime tant de lui-même, dans cette période qui confronte étrangement le passé avec le présent. J'ai trouvé mon Petit Chaperon Rouge remasterisé.


En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célèbrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
- Khalil Gibran
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# Posté le samedi 09 mai 2009 12:05

Modifié le samedi 09 mai 2009 12:44

Trapped in a spider's web, or the lack of self-confidence. ©Caz

Trapped in a spider's web, or the lack of self-confidence. ©Caz
Chances and surprises
Another state of consciousness

Docile, elle pose.

Elle a l'attitude désinvolte de celle qui dispose enfin pleinement de sa liberté et qui n'en fait rien. Simplement parce qu'elle avait oublié le détail de l'égoïsme, les autres et leur liberté, qu'on ne fait pas sienne. Je reste prisonnière d'un labyrinthe de peurs - je crois pouvoir apaiser celle des autres sans exiger qu'on m'affranchisse des miennes, et je tremble. Je suis une araignée qui s'effraie à la vue de sa propre toile, qui s'effraie de peur qu'elle soit détruite par un coup de vent, ou pire, qu'elle la fasse vasciller de ses propres pattes pourtant réputées agiles. Qui de nous deux est l'araignée, au fond je ne sais plus. Chaque miroir me renvoie l'image d'une petite fille impatiente qui ne me ressemble pas, et je détourne les yeux. Trop d'attente passivement endurée aurait-elle fait de moi ce que je ne suis pas ? Je n'ai aucune raison de me plaindre, seulement celle de souhaiter ne point avoir d'âge. Quand d'autres ont peur de vieillir, moi je crains d'être jeune. Peur de donner l'impression de piéger les autres dans ma toile, alors que ce ne sont que des fils de soie, et que je ne suis qu'une fille de joie.

Random acts of mindlessness
Commonplace occurrences
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# Posté le mardi 05 mai 2009 09:17

Modifié le mardi 05 mai 2009 11:31

Happiness & Complications. © Caz

Happiness & Complications. © Caz
Etre, exister, se réaliser. Renaissance. Les méchants ne sont pas ceux qu'on croit maman. Je me suis toujours trop protégée par peur d'être blessée, mais seulement par conscience d'être une proie, que je ne suis plus, ou seulement pour moi-même. Alors à quoi bon chercher à dire la vérité, si c'est pour susciter chez l'autre des inquiétudes infondées, éveiller des soupçons qui n'ont pas lieu d'être. Trop de méfiance fait perdre la confiance. Je suis un poussin qui a lentement appris comment fendre sa coquille ; bientôt je serai sortie de l'oeuf pour de bon, et toi tu voudrais me remplir de doutes. Le jour où tu me diras que tu es fière de ce que je suis sans plus me juger, alors tu sauras. En attendant, piou piou.
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# Posté le samedi 02 mai 2009 09:34

Modifié le samedi 02 mai 2009 09:58

Youth © Caz

Youth © Caz

Some things are meant to be kept secret,
s o m e _o t h e r s _a r e n ' t .

On ne peut pas provoquer l'instant. Il se fait et se défait de lui-même, au risque de décevoir face aux trop grandes attentes qu'on plaçait en lui, mais il n'a pas besoin du reste pour se réaliser, et surprendre. Quant à le saisir, cela signifie aussi être là, et tout comme l'anticipation, savoir éviter la projection. La mémoire sera de toute façon sélective par la suite, et fonctionnera par sursauts. Alors je sursaute à la vue de ce lit vide qui n'a même pas été défait, dont seul le drap porte plis et froissements, comme les empreintes de ces corps dont les paroles ne valent que dans leurs silences. Le rayon de soleil d'une après-midi de printemps sur le visage de deux enfants. J'ai senti l'adulte en moi sursauter d'insouciance. Battement de cils, fermeture des paupières. Instant trop vrai pour être momentané, et pas l'inverse. Je le prolonge alors que mes bagages sont de retour bien trop tôt sur le sol de cet appartement glacé, figé dans le froid de l'hiver, prisonnier de ce qui me parait déjà loin. Non, cette réalité-là ne me parait pas réelle. Pas le moindre sursaut, pas le moindre battement de coeur. La mienne est belle, et bien, l'autre.

# Posté le dimanche 12 avril 2009 08:30

Modifié le mardi 14 avril 2009 10:59

Croquignolettes © Caz

Croquignolettes © Caz

Antiquité musicale du collège. Il était trois heures du matin, j'ai fermé la porte et j'avais cette chanson dans la tête. J'ai jeté mes chaussures, tenté de chasser ce parasite de mon esprit. En vain. Je me sentais comme une petite salope qu'on venait de baiser pour la laisser sur le trottoir.


Elle te rend din-din-din-din dingue
Quand elle a son poom poom short
Et ton problème c'est simplement qu'elle s'en moque
Elle te rend dingue boy quand elle wine dans son short
Et il n'y a pas qu'chez toi qu'elle a causé un choc
Elle est trop belle, subtile et trop maligne pour toi
Dis-toi qu'une fille comme elle ne se dompte pas


Du papier, un stylo, une main. Ce avec quoi tout commence, ou que tout finit. J'aimerais pouvoir être capricieuse, parfois. J'aimerais pouvoir protester mais je faillis à mes engagements moi-même. Alors je deviens lasse et fatiguée. Seule sur un étendard. Couiner, ou grommeler par l'estomac, je ne sais pas encore, et j'attends, et me déteste en silence, jusqu'à ce que. La journée s'annonce claire et limpide, mais dans ma tête je dois faire le vide.

# Posté le jeudi 02 avril 2009 14:39

Modifié le lundi 06 avril 2009 12:50