_________________Angela Carter,
The company of wolves « ____What big arms you have. All the better to hug you with. Every wolf in the world now howled a prothalamion outside the window as she freely gave him the kiss she owed him. What big teeth you have! She saw how his jaw began to slaver and the room was full of the clamour of the forest's Liebestod, but the wise child never flinched, even when he answered: All the better to eat you with. The girl burst out laughing; she knew she was nobody's meat. She laughed at him full in the face, ripped off his shirt for him and flung it into the fire, in the fiery wake of her own discarded clothing. The flames danced like dead souls on Walpurgisnacht and the old bones under the bed set up a terrible clattering, but she did not pay them any heed. Carnivore incarnate, only immaculate flesh appeases him. ____»
❀ J'ai scanné de vieilles photos il n'y a pas très longtemps, et celle-ci en fait partie. Rectification : celle-ci, tronquée de quinze ans d'âge, est le plus merveilleusement symbolique des portraits. Moi, cinq ans à peine, au crépuscule (d'où la teinte rose du ciel), propulsée par les bras de mon papounet, voltigeant au dessus de la piscine d'un camping de l'Aveyron, celui où j'ai récolté mes premières cicatrices (réelles) et mes premières amours (enfantines). Mes brassards me donnent l'air d'avoir des ailes. J'attendais de me sentir comme un volatile pour pouvoir la poster. Avant, ces attributs d'ange en plastique était de secours ; maintenant, ils font partie de moi. The time has eventually come.
❀ J'ai toujours préferé les mots, les images ou les sonorités lorsqu'il s'agit d'exprimer un sentiment, une émotion particulière. Simplement parce que je crois que je ne saurais pas exprimer ce que je ressent autrement. Sauf de dire peut-être : être, exister, se réaliser. (La joie de) Vivre. je relisais des contes et cet extrait m'a frappé tant il est parfait. Nul besoin de décoder, chaque mot exprime tant de lui-même, dans cette période qui confronte étrangement le passé avec le présent. J'ai trouvé mon Petit Chaperon Rouge remasterisé.
En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célèbrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
- Khalil Gibran