A l'automne toutes les hirondelles s'envolent vers les pays chauds,
mais il en est qui s'attardent, et elles ont tellement froid
qu'elles tombent comme mortes, elles restent où elles sont tombées,
et la froide neige les recouvre.
Hans Christian Andersen, Poucette
Je suis de celles qui s'attardent bien malgré elles. Dans mon journal ces derniers temps je n'ai écrit que ce que la pendule ne me permet pas de faire. Ou alors je n'ai pas écrit tout court. Mauvais signe que de ne trouver rien à dire, ou re-dire.
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Les soirées popotte-maison, les verres de punch dans lesquels on trempe les haribo c'est beau la vie pour les grands et les petits, marais de la baie de Somme, les moules sur le port, chevaux et canards.
Bordeaux et son vent glacial, ses bons restaurants, ses réveils musicaux sur le canapé-lit, petit-déjeuners devant séries adolescentes, répliques cultes et photographies régressives dans un terrain de jeux interdit aux plus de 6 ans d'âge mental et déguisements à en faire frémir les mort-vivants, vieilles pierres et bave.
Les regards juvénilement lubriques croisés sur le périphérique sud en rentrant de DisneyLand, entre deux accélérations en voies parallèles, sourires en coin et signes de main. Vitres teintées et bouts de papiers plaqués. Appelle mon numérooo.
Les derniers jours, les résignations devant le bureau vide, la paresse. L'attente passive d'une routine plus personnelle. Je voudrais lire de contes à des enfants assis sur des coussins bariolés, préparer Noël, faire du sport, lire des essais de théologie, faire un book de costumes XIX°, et je n'en ferai rien, parce que je ne suis qu'une pauvre conne.